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Nous n'argumentons pas. Nous réagençons.

Nos réponses, leurs questions

Mon texte précédent se terminait sur la génération suivante, qui tracerait son chemin par-dessus le nôtre. Pour celui qui la vit, une vie s'achève sur un point final. Que peut devenir ce point pour ceux qui viennent après ? J'ai suivi cette question à travers un film, une pomme et l'orbite de Mercure.

13 septembre 2026

Au départ

Depuis longtemps, je vois la vie comme un chemin : chacun part des traces que d’autres ont laissées. Et pour celui qui la vit, une vie s’achève sur un point final.

Mon texte précédent, Pas le même jour, pas à la même heure, se terminait ainsi : « Je fais mon chemin. À eux de tracer le leur par-dessus. »

Cette phrase a continué à me travailler. Une question restait en suspens :

Le point final que je laisserai, quelle question voudrais-je qu’il devienne pour ceux qui viendront après ?

Avant de chercher une réponse, j’ai regardé à deux endroits comment le point final de l’un est devenu le point de départ d’un autre.

Une histoire racontée à nouveau

Cet été, j’ai vu The Odyssey, le film de Christopher Nolan adapté de l’Odyssée d’Homère.

C’est une histoire que quelqu’un a laissée il y a très longtemps. Elle se transmet depuis, et quelqu’un vient encore de la raconter à sa façon. Un texte se transmet, quelqu’un le raconte autrement, et un nouveau chemin se trace par-dessus l’ancien.

On revient à ces histoires, siècle après siècle. Pour ma part, j’y vois une raison : les êtres humains sont attirés par la bonté.

Une réponse devenue question

Newton a vu une pomme tomber.

C’est un souvenir : Newton l’a raconté à un âge avancé, et d’autres l’ont mis par écrit. William Stukeley rapporte qu’au printemps 1726, il prenait le thé avec Newton à l’ombre de pommiers, et que Newton lui a confié que l’idée de la gravitation lui était venue dans un cadre semblable. La question qu’il se posait alors, selon Stukeley : pourquoi la pomme tombe-t-elle droit vers le sol ?

Newton y a répondu : les corps s’attirent les uns les autres. C’est la gravitation universelle.

Mais cette réponse laissait un petit écart. L’orbite de Mercure pivote lentement autour du Soleil, et les calculs fondés sur la théorie de Newton n’expliquaient pas tout ce mouvement. En 1859, dans une lettre publiée par l’Académie des sciences, l’astronome Le Verrier a relevé ce désaccord. Il soupçonnait une action encore inconnue, mais il prenait soin de préciser : « Je n’ai nullement l’intention de décider d’une manière absolue entre ces hypothèses. »

En novembre 1915, Einstein a calculé ce reste grâce à sa nouvelle théorie de la relativité générale, sans avoir besoin, écrivait-il, d’aucune hypothèse particulière.

Les physiciens venus après Newton n’ont pas jeté sa réponse. Ils ont redemandé jusqu’où elle tenait, et ce qu’elle n’expliquait pas.

Pour Newton, sa vie et sa réponse se sont achevées sur un point final. Ceux qui sont venus après ne l’ont pas effacé : ils ont posé un point d’interrogation à côté. C’est du moins ainsi que je le lis.

De maître en maître

Les grands esprits en ont formé d’autres, les parents ont élevé leurs enfants, et chaque génération a transmis à la suivante ce qu’elle avait. Comme la question d’Einstein est née de la réponse de Newton, les enfants reprennent ce que leurs parents leur laissent et partent de là.

Notre génération prépare, elle aussi, quelque chose à transmettre. Je le vois dans la façon dont les humains et l’IA commencent à travailler ensemble, à bien des étapes de la production.

En écrivant Je croyais cotiser pour ma propre pension, j’ai pensé à une autre voie que celle qui consiste à ajouter des travailleurs : et si chacun pouvait produire davantage ? Je vois cette possibilité commencer avec l’IA d’aujourd’hui. Mais produire davantage ne remplit pas d’office les salaires et les caisses de pension : c’est la question que j’ai suivie dans Cent euros de plus, pour qui ?

Assumer cette responsabilité, jusqu’où ?

Si nous savons que notre point final sera le point de départ de la génération suivante, la responsabilité existe déjà. C’est ma position.

Je ne demande donc pas si nous sommes responsables. Je demande ce qu’il faut regarder et construire pendant qu’on pose ce point final, et jusqu’où.

Où j’en suis

Une histoire ancienne a été transmise et racontée à nouveau ; un point d’interrogation est venu se poser à côté du point final de Newton. Après avoir suivi ces deux chemins, voici où j’en suis :

Pour celui qui la vit, une vie s’achève sur un point final. Mais on espère qu’elle ne sera pas seulement une fin : que quelqu’un posera un point d’interrogation à côté, et repartira de là.

Je pense que les réponses que nous construisons avec l’IA deviendront, elles aussi, des questions pour la génération suivante. Et que vivre en bonne entente avec l’IA comptera davantage pour les générations à venir.

Jusqu’où doit aller notre responsabilité, je ne le dirai pas ici. Quel point final je laisserai, et avec quel soin le poser : pour l’instant, c’est avec cette question que j’avance.

En me retournant

  • Une première ébauche a lu mon idée d’une philosophie partie de Dieu comme la lignée de la théologie médiévale. Je pensais en réalité aux questions sur l’être humain que portent les mythes
  • L’ébauche voulait parler du succès de The Odyssey en salles. Je voulais parler d’un texte qui se transmet et que d’autres racontent autrement
  • L’ébauche se terminait sur l’idée que la mort ne met pas de point final à une vie. Je voulais dire presque l’inverse : pour celui qui la vit, une vie s’achève bien sur un point final, mais on espère qu’elle ne sera pas seulement une fin
  • L’ébauche affirmait qu’en écrivant sur les pensions, j’avais vu leur base se déplacer. Ce texte-là ne montrait pas un tel déplacement ; il m’a fait penser à une autre voie
  • Au départ, je voulais aligner beaucoup de noms, de Galilée aux physiciens d’aujourd’hui. Je n’ai gardé qu’un endroit où une réponse devient une question : Newton, puis Einstein

Ce que j’ai vérifié, et ce que je n’ai pas pu vérifier

Vérifié

  • The Odyssey — film américain de 2026 réalisé par Christopher Nolan, adapté de l’Odyssée d’Homère
  • La pomme de Newton — dans un manuscrit rédigé en 1752, William Stukeley écrit avoir pris le thé avec Newton sous des pommiers le 15 avril 1726 et entendu cette histoire. La question que Newton se rappelait : pourquoi la pomme tombe droit vers le sol. Le manuscrit de John Conduitt (vers 1727-1728) et l’essai de Voltaire (imprimé en 1727) racontent aussi la pomme. Aucun des trois ne dit qu’elle lui est tombée sur la tête
  • Mercure — en 1859, dans une lettre publiée par l’Académie des sciences, Le Verrier écrit que le mouvement du périhélie de Mercure (le point de son orbite le plus proche du Soleil) présente un excès que la théorie de Newton n’explique pas, et qu’il n’entend pas trancher entre les hypothèses
  • Relativité générale — lors d’une séance de l’Académie prussienne des sciences, le 18 novembre 1915, Einstein présente une explication de cet excès qui ne demande aucune hypothèse particulière

Non vérifié

  • Que l’on revienne aux histoires anciennes parce qu’on est attiré par la bonté. C’est mon avis.
  • Quand et comment l’épisode de la pomme a réellement eu lieu. Les trois récits rapportent des souvenirs d’un Newton âgé, notés par d’autres
  • Que travailler avec l’IA puisse permettre à chacun de produire assez pour soutenir la génération suivante. C’est mon avis. Ce texte ne mesure pas à nouveau si ce surplus rejoint les salaires, les impôts et les pensions

Ce que ce texte n’affirme pas

  • Jusqu’où notre responsabilité doit aller
  • Que la bonté suffise à expliquer pourquoi l’on revient aux histoires anciennes
  • Que l’IA augmente la productivité, ou qu’elle ne l’augmente pas
  • Que le film adapte bien, ou mal, le poème d’Homère
  • Que la théorie de Newton était fausse

Pas encore vérifié

Ce texte n'est pas marqué comme vérifié tant que les points ci-dessous ne sont pas confirmés.

  • Que l'on revienne aux histoires anciennes parce que les êtres humains sont attirés par la bonté, c'est mon avis ; ce n'est pas un fait vérifiable.
  • Que travailler aux côtés de l'IA puisse permettre à chacun de produire assez pour aider à soutenir la génération suivante, c'est mon avis. La question de savoir si ce surplus rejoint les salaires, les impôts et les pensions, je l'ai suivie dans « Cent euros de plus, pour qui ? » ; je ne l'ai pas mesurée à nouveau ici.
  • L'histoire de la pomme de Newton est un souvenir : Newton l'a racontée à un âge avancé, et d'autres l'ont mise par écrit. Quand et comment elle s'est réellement produite, on ne peut pas le vérifier.
  • Que vivre en bonne entente avec l'IA comptera davantage pour les générations à venir, c'est une prévision de ma part.

Sources

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Comment ce texte a été fait

Le choix du sujet, la prémisse et le jugement sont le fait d'une personne ; la collecte des sources et la rédaction, d'une IA. Ce n'est pas une traduction. Chaque version linguistique est écrite séparément à partir du même document source.